AFRIQUE – Mutilations génitales féminines / excision: aperçu statistique et étude de la dynamique des changements

En 2013, l’Unicef a publié un rapport inédit sur les mutilations sexuelles féminines s’appuyant sur des enquêtes nationales réalisées au cours des 20 dernières années dans 29 pays d’Afrique et du Moyen-Orient, là où vivent plus 90 % des femmes et des fillettes excisées dans le monde.

Première conclusion encourageante du rapport, les mutilations sexuelles féminines  sont en régression dans un peu plus de la moitié des pays étudiés. Le recul est particulièrement net dans les pays où la pratique touche moins d’un tiers des femmes et des filles. « Au Bénin, en Irak, au Liberia, au Nigeria et en République centrafricaine, la prévalence de l’excision a chuté de moitié environ », note le rapport. Un déclin  est aussi constaté dans les pays où la pratique est fortement répandue. Par exemple, au Burkina Faso et en Ethiopie, « ces pratiques ont reculé de 19 à 31 points chez les filles de 15 à 19 ans par rapport aux femmes de 45 et 49 ans ».

En revanche, aucun changement à Djibouti, en Guinée Bissau, en Egypte, au excisionMali, au Sénégal, en Somalie, au Soudan, au Tchad et au Yémen. Dans ces 10 pays, plus de la moitié des femmes et des filles sont soumises à l’excision. En Somalie, en Guinée, à Djibouti et en Egypte, où le taux de prévalence oscille entre 91 et 98%, elles sont même quasiment toutes touchées. Pourtant dans la plupart de ces pays, la majorité des femmes et des filles veulent abandonner la pratique. C’est ce que révèle aussi le rapport qui s’est attaché à mesurer, au-delà des faits, les perceptions que les hommes et les femmes ont de l’excision. Dans 11 pays pour lesquels des données sont disponibles, au moins 10% des filles et des femmes excisées affirment même n’y avoir aucun avantage.

Pour l’Unicef, il ne faut donc pas relâcher les efforts. Même si des lois ont été votées pour interdire les mutilations sexuelles féminines, le travail de sensibilisation et de prévention doit se poursuivre et même s’accélérer. Dans les 29 pays étudiés, 125 millions de femmes et de fillettes sont excisées et trente millions de filles risquent d’en être victimes au cours des dix prochaines années.

Consultez le résumé du rapport de l’Unicef en français

Pour en savoir plus sur le rapport, voici une sélection d’articles  de presse :

Consultez également, sur le même sujet, l’enquête du journal Le relais de Bougouni, au Mali, une prise de conscience sur les dangers de l’excision.

 

Source: SIDIIEF et l’initiative Excision, parlons-en !