INTERNATIONAL – Inégaux devant les caprices du climat

Auteure : P. Dupuis

Fin octobre 2012, la tempête tropicale Sandy atteignait la côte Est des États-Unis. Huit millions de foyers se retrouvaient sans courant, on recensait 131 morts. Vingt-trois États américains étaient touchés mais ce sont surtout les images de la ville de New-York inondée et privée d’électricité qui envahissaient les écrans du monde entier, à quelques jours des élections présidentielles. Quelques jours avant, dans les Antilles, en Haïti notamment, des milliers d’habitations étaient détruites sous l’effet de l’impétuosité des vents et du flot des pluies. Dans ce pays qui peinait encore à se remettre du séisme qui l’avait secoué deux ans et demi plus tôt, le bilan est lourd: à une centaine de morts s’ajoutent les disparus et les 200 000 personnes qui se retrouvent sans abri.

Près d’un an avant ces évènements, le philosophe français Pascal Acot, chargé de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et membre statutaire de l’Institut d’histoire des sciences et des techniques, évoquait devant le public des Journées annuelles de santé publique, à Québec, les conséquences des catastrophes naturelles sur les sociétés qui les subissent. Si Sandy a marqué par son ampleur et sa force, il n’est que l’un des quelque 80 cyclones tropicaux que l’on dénombre dans le monde chaque année et dont la fréquence et l’importance continueront à croître tant que le problème du réchauffement climatique n’aura pas été résolu.

Cela fait un certain temps maintenant que l’on sait que les conséquences du dérèglement climatique ne touchent pas les populations de manière ‘équitable’, ni même de manière hasardeuse. Il y a une quinzaine d’années, une canicule extrême frappait Chicago. Les autorités avaient prévu que les températures atteindraient 46 degrés et averti les habitants de s’équiper en matériel de climatisation et de ventilation. Parmi les 730 personnes décédées en à peine quatre jours, la majorité n’avait pas pu se permettre ces investissements: «La carte de la mortalité durant la vague de chaleur recoupe celle de la violence urbaine et de la ségrégation raciale et sociale. Sur les quinze quartiers ayant le plus souffert, onze sont habités par une proportion exceptionnellement élevée de personnes qui vivent avec des revenus inférieurs à la moitié du niveau officiel de pauvreté » analysait alors le Monde Diplomatique. La répartition des victimes des dérèglements climatiques dans le monde est d’autant plus choquante que celles-ci ne font généralement pas partie de ceux qui portent la plus grande responsabilité dans les émissions des gaz à effet de serre!

Les évènements récents montrent encore que les inégalités face au climat se marquent non seulement entre pays mais également entre groupes sociaux au sein d’un même pays, comme c’est le cas pour les inégalités sociales de santé. À New-York, une semaine après le passage de l’ouragan Sandy et alors que les températures approchaient zéro degrés, 40 000 personnes devaient être relogées. Plus de la moitié d’entre elles habitaient des quartiers HLM. Sur l’île d’Haïti, les ravages sont considérables, bien qu’ils aient moins retenu l’attention médiatique. En plus des dégâts directs, on a constaté dans les jours suivant le drame une recrudescence des cas de choléra liés aux inondations et à la fermeture de plusieurs centres de traitement. Sans surprise, c’est dans les camps de réfugiés – ceux qui existent toujours depuis le séisme de 2010 – que le choléra est le plus virulent. Néanmoins, comme le démontre le nouvel Atlas de la santé et du climat, les désastres climatiques ne peuvent être considérés comme des fatalités. En tant que sociétés, nous avons le pouvoir collectif d’agir pour en prévenir les conséquences.

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Source: Éducation Santé