INTERNATIONAL – La moitié de la population de la planète n’a pas accès aux services de santé essentiels

– Publication originale : 13 décembre 20117

Il ressort d’un nouveau rapport de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale de la Santé que la moitié au moins de la population de la planète n’a pas accès aux services de santé essentiels. Chaque année un nombre considérable de familles sont plongées dans la pauvreté en raison des dépenses de santé qu’elles doivent régler directement.

Actuellement, 800 millions de personnes consacrent au moins 10% du budget du ménage aux dépenses occasionnées par les soins, pour elles-mêmes, un enfant malade ou un autre membre de la famille. Le niveau de ces dépenses suffit à plonger 100 millions d’entre elles dans une situation d’extrême pauvreté où elles n’ont tout au plus que 1,90 dollar (US$) par jour pour survivre.

Pour le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, «il est totalement inacceptable que la moitié de la population de la planète n’ait toujours pas accès aux services de santé les plus essentiels. Et ce d’autant plus qu’une solution existe: la couverture sanitaire universelle (CSU) permet à chacun d’obtenir les services de santé dont il a besoin, quand et là où il en a besoin sans avoir à supporter d’importantes difficultés financières».

Comme l’a fait observer le Président du Groupe de la Banque mondiale, le Dr Jim Yong Kim, «le rapport fait clairement ressortir que si nous voulons vraiment non seulement améliorer la santé dans le monde mais aussi mettre fin à la pauvreté, nous devons d’urgence renforcer nos efforts pour la couverture sanitaire universelle. Les investissements en faveur de la santé, et plus généralement de la population, sont indispensables pour renforcer le capital humain et permettre une croissance économique durable et inclusive. »

Des signes encourageants sont néanmoins perceptibles: le rapport montre que le nombre des personnes ayant accès à certains services de santé essentiels comme la vaccination et la planification familiale, ainsi qu’au traitement antirétroviral contre le VIH et aux moustiquaires imprégnées d’insecticide pour prévenir le paludisme, a augmenté depuis le début du siècle et les familles sont également moins nombreuses aujourd’hui à être plongées dans la pauvreté.

Les progrès restent cependant très inégaux.

Les services sont très fragmentaires en Afrique subsaharienne et en Asie méridionale. Ailleurs, il devient plus facile d’obtenir des services de base comme la planification familiale et la vaccination du nourrisson mais, faute d’une protection financière suffisante, les familles obligées d’en supporter directement les frais sont confrontées à des difficultés financières croissantes. Le problème touche même des régions plus favorisées comme l’Asie orientale, l’Amérique latine et l’Europe où un nombre croissant de ménages consacrent au moins 10% de leur budget aux paiements directs pour la santé.

Les inégalités sont constatées non seulement entre pays mais aussi à l’intérieur d’un même pays et les moyennes nationales dissimulent parfois la faible couverture assurée aux groupes désavantagés. Ainsi, 17% seulement des mères et des enfants du quintile des ménages les plus pauvres dans les pays à revenu faible ou intermédiaire de

la tranche inférieure bénéficient de six au moins des sept interventions fondamentales de santé de la mère et de l’enfant, contre 74% dans le quintile des ménages les plus favorisés.

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Nom de l’organisme : Organisation mondiale de la santé
Année de publication : 2017

 

Source : Observatoire international de la santé et des services sociaux